Le président américain Donald Trump embarque à bord d’Air Force One, depuis la base interarmées d’Andrews, dans le Maryland, le 24 juillet 2020.

Dans un tweet, le président américain a affirmé, jeudi 30 juillet, que des risques de fraudes menacaient l’élection présidentielle de 2020 et s’est interrogé sur un éventuel report du scrutin. D’après la constitution des États-Unis, contrairement au Congrès, la présidence n’a pas le pouvoir de modifier la date de la présidentielle.

Le président américain Donald Trump a évoqué, jeudi 30 juillet, l’hypothèse d’un report de l’élection présidentielle, en avançant, sans la moindre preuve, des risques de fraude liés à l’épidémie de Covid-19. Le tweet évoquant cette possibilité a été posté quelques minutes après l’annonce d’une chute historique du PIB américain au deuxième trimestre (-32,9 %).

“2020 sera l’élection la plus inexacte et la plus frauduleuse de l’histoire”, a lancé le locataire de la Maison Blanche, évoquant le recours élargi au vote par correspondance pour le scrutin du 3 novembre. “Ce sera une véritable honte pour les États-Unis”, a-t-il ajouté.

“Reporter l’élection jusqu’à ce que les gens puissent voter normalement, en toute sécurité???”, a-t-il poursuivi, alors que les États-Unis ont franchi mercredi le cap des 150 000 morts recensés du Covid-19.

Le président ne pas modifier la date du scrutin

Ellen Weintraub, patronne de la commission électorale fédérale, a rappelé que Donald Trump ne pouvait pas modifier la date du scrutin et qu’elle ne devait pas l’être.

La Constitution américaine est claire : le président n’a pas le pouvoir de décider du report d’une élection présidentielle. Seul le Congrès peut prendre une telle initiative. Un porte-parole de la campagne de Donald Trump, Hogan Gidley, a indiqué, après le tweet controversé, que le président ne faisait “que poser une question”.

Plusieurs États américains veulent rendre le vote par courrier plus accessible afin de limiter, autant que possible, la propagation du Covid-19. Nombreux d’entre eux autorisent ce système de vote depuis des années et aucune étude sérieuse n’a à ce jour fait état de problèmes majeurs, au-delà de quelques incidents isolés.

Depuis plusieurs semaines, Donald Trump, confronté à des sondages très défavorables, brandit pourtant le spectre de fraudes massives.  Ses propos sur ce thème ont poussé fin mai Twitter à signaler pour la première fois l’un de ses tweets comme étant trompeur.

“Pourquoi est-ce que je ferais cela ?”

Fin avril, son adversaire démocrate, Joe Biden, avait prédit que le milliardaire ferait son possible pour reporter l’élection. “Souvenez-vous de ce que je vous dis, je pense qu’il va essayer de faire reporter les élections d’une manière ou d’une autre, trouver des raisons pour lesquelles elles ne peuvent pas avoir lieu”, avait-il lancé.

Quelques jours plus tard, Donald Trump, interrogé lors d’un point de presse à la Maison Blanche, avait catégoriquement écarté cette hypothèse. “Je n’ai jamais envisagé de changer la date […] Pourquoi est-ce que je ferais cela ?”, avait-il répondu, évoquant “la propagande” du camp démocrate.

Interrogé il y a encore dix jours sur le fait de savoir s’il accepterait le résultat des élections, le 45e président de l’histoire américaine était resté évasif.  “Je verrai”, avait-il simplement répondu.

Selon la moyenne des sondages nationaux établie par le site RealClearPolitics, Joe Biden a, depuis plus de six semaines, une avance sur Donald Trump de 8 à 10 points de pourcentage.

Depuis 1980, tous les candidats qui avaient un avantage aussi important au même stade l’ont emporté, à une exception près : celle du démocrate Michael Dukakis, finalement battu par George Bush en 1988.

Au Texas, État dans lequel aucun démocrate ne s’est imposé depuis Jimmy Carter en 1976 et où Donald Trump l’a largement emporté en 2016, les deux candidats sont au coude-à-coude. Or, avec ses 38 grands électeurs, cet État du sud pèsera très lourd à l’heure du décompte.

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